Article "Le Parisien" - 13 octobre 2015

Villiers-le-Bel : coup de colère du maire privé des chiffres de la délinquance

  Jean-Louis Marsac, le maire PS de Villiers-le-Bel, est en colère. Depuis le mois de juin, il ne reçoit plus le rapport mensuel des chiffres de la délinquance, adressé jusque-là par les services de l’Etat aux élus qui en faisaient la demande.

« C’est une vraie régression, proteste l’élu. En tant que maire, j’ai besoin de savoir ce qui se passe, où ça se passe, et dans quelles proportions. Cela nous permet d’adapter notre intervention sur le terrain. La prévention de la délinquance est inscrite dans le contrat de ville. Et là, on nous supprime des outils précieux dans des communes comme la nôtre. »

Un avis que partage la mairie DVD de Garges-lès-Gonesse. « Ce fonctionnement est très handicapant, glisse-t-on dans l’entourage du maire Maurice Lefèvre. Pour savoir si on amplifie ou diminue la présence policière sur tel ou tel quartier, on a besoin de ces chiffres. »

A l’origine de cette interruption, le lancement de deux nouveaux outils : le Logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN) en avril et le nouveau Service de statistiques ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et son logiciel, Interstats. Lancé début octobre, il fournit des données sur le nombre de crimes et de délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Mais impossible pour une commune d’y retrouver les statistiques de sa commune !

« Cette mise en place a fait que les chiffres de la délinquance en zone police n’ont pas pu être fiabilisés cet été », explique-t-on au cabinet du préfet. « Les maires ont été informés que ce dispositif reprendrait comme auparavant, dès que possible. Nous sommes favorables à ce que les communes aient ces chiffres. On ne peut pas travailler sans elles. Les polices municipales sont d’ailleurs régulièrement invitées en préfecture. »

Pour l’élu PS de Villiers-le-Bel, impossible de se passer de ces précieux chiffres. Son coup de gueule a-t-il payé ? Hasard ou pas, il a été contacté dès que Le Parisien a demandé des explications en préfecture. « Les autorités m’ont promis que la communication de ces données reprendrait avant la fin de cette semaine », relate Jean-Louis Marsac, qui assure n’avoir jamais été informé du caractère temporaire de cette situation.

En décembre 2012, Manuel Valls alors ministre de l’Intérieur, avait promis une complète transparence sur les statistiques de la délinquance, notamment sur les chiffres des voitures brûlées à la Saint-Sylvestre.