Article "Le Parisien" - 11 octobre 2015

Régionales : les démocrates musulmans veulent se faire entendre

  « Je remercie les islamophobes notoires, les Zemmour, Morano, etc. Grâce à eux, les citoyens français musulmans que nous sommes ont pris conscience qu’il faut se montrer. Nous participons déjà à la vie économique, sociale et culturelle de ce pays. L’heure est venue d’être acteurs politiques pour montrer qu’on peut être citoyens français de confession musulmane, et parfaitement démocrates, respecteux de la laïcité, fiers des valeurs républicaines.»

Président de l’Union des démocrates français musulmans (UDMF), Khalid Majid ne mâche pas ses mots. Ce dimanche, à Savigny-le-Temple, il est venu lancer le premier meeting de campagne de son parti avec la tête de liste Nizarr Bourchada. Dans la salle, une soixantaine de personnes étaient présentes, ainsi que Malika Machtoune, Elhame Aït-Serhane et Eric Berlingen, respectivement chefs de file pour les Hauts-de-Seine, le Val-d’Oise et l’Essonne. Manquait Nabil Hmani pour les Yvelines. Les têtes de liste du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis seront dévoilées prochainement. « Il faut 209 candidats et on les aura », assure Nizarr Bourchada.

Pour l’UDMF, née en 2012, c’est une nouvelle tentative d’investir la vie politique, après son échec aux dernières élections départementales. « On avait huit binômes. Avec le contexte de l’après-Charlie, etc, le mot musulman était associé par certains au communautarisme, au terrorisme. Nos candidats ont subi des pressions. Les mécènes se sont désisté… On n’a pas pu déposer nos candidatures. Il est urgent de casser les clichés. Aujourd’hui, nous sommes mieux préparés », assure le fondateur de l’UDMF, Nagib Azergui.

Selon lui, le parti compterait mille adhérents et plus de 6 000 sympathisants. « Notre page Facebook réunit 5 700 fans. Quand on voit celle du MoDem à 7 000, c’est honorable ! », sourit Nizarr Bourchada. Provocateur, le terme musulman ? « Ca interpelle et permet de clarifier les choses », insiste Khalid Majid. « Aujourd’hui, les musulmans sont devenus un thème de campagne. A problème politique, il faut une réponse politique. La route sera longue. On sera traité d’intégristes, de salafistes, de couscoussistes ! Mais notre programme montre qu’on s’adresse à tous les Français, sans distinction de religion ou de culture !»