Article "Le Parisien" - 05 octobre 2015

Ezanville : la salle de prière illégale devant la justice

 

Ils pourraient devoir payer 10 000 € de dommages et intérêts. La somme requise par le procureur. Les musulmans de l’association culturelle et cultuelle d’Ezanville, qui rassemble 223 adhérents, devaient répondre ce lundi après-midi d’infraction au code de l’urbanisme devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Le litige porte sur l’ancienne grange du 12, rue Paul-Fort, transformée en lieu de prière depuis quatre ans. Le maire Alain Bourgeois (LR) a porté plainte contre cette association et l’ancien propriétaire des lieux. Il leur reproche d’avoir agrandi la bâtisse et transformé sa destination de bureaux pouvant accueillir une dizaine de personnes en lieu de prière où se pressent une centaine de fidèles à la prière du vendredi. Le tout sans permis de construire. De plus, le site compte trois places de stationnement, quand il en faudrait trente supplémentaires pour respecter la législation.

A la barre, Mokhtar Boukouiren, président de l’association depuis quatre ans, a plaidé sa bonne foi. « Depuis notre création, en 2007, on n’a jamais caché notre intention de disposer d’un lieu de prière. On a commencé par louer ce bâtiment et réaliser des aménagements. Le maire a laissé faire jusqu’au moment où on est devenu propriétaire. Il a préempté le garage voisin qu’on voulait acheter pour régler les problèmes de stationnement. »

Le procureur a rappelé qu’il convenait d’obtenir le permis de construire avant de réaliser les travaux et qu’il fallait respecter la loi. « C’est le jeu du chat et de la souris », a estimé pour sa part la juge, à propos des relations entre l’association et le maire. Précisant qu’il ne s’agissait pas de faire le procès du lieu de culte, mais seulement de juger de sa conformité d’accueil.

« Je ne suis plus crédible si je ne fais pas respecter les règles d’urbanisme », explique le maire Alain Bourgeois, joint par téléphone. Il était représenté par l’avocate de la ville et l’élu à l’urbanisme à l’audience. « Les musulmans d’Ezanville font partie de la ville, a rappelé leur président. On est prêt à déménager, mais on n’a rien trouvé d’autre. » Le jugement a été mis en délibérer au 2 novembre.